Les drones FPV aux JO d'hiver

Drones FPV : une révolution immersive aux JO d’hiver 2026

Si comme moi vous regardez les JO, vous ne pouvez pas les louper. Que ce soit en descente, en luge, au slalom, au saut à ski, vous entendez le bruit caractéristique de nos racers lancés pleine balle. Pour la première fois dans l’histoire des Jeux Olympiques d’hiver, les retransmissions officielles intègrent massivement des drones FPV — First Person View, capables de suivre les athlètes à pleine vitesse et de proposer aux téléspectateurs des angles de vue jusque-là inédits. 

Cette technologie, déjà introduite lors des Jeux de Paris 2024 sur certaines épreuves de VTT, est ici étendue à de nombreux sports d’hiver. Un vrai coup de projecteur sur notre discipline!

Des images spectaculaires

Des images au plus prêt de l'action
Des images au plus prêt de l'action

Les drones FPV sont des engins légers (souvent autour de 240 g), très maniables et rapides — capables d’atteindre des vitesses impressionnantes jusqu’à environ 160 km/h — ce qui leur permet de suivre les skieurs ou les luges dans leurs trajectoires spectaculaires. Leur accélération leur permet de suivre n'importe quel sportif, et ce même quand on atteint des vitesses importantes.

 

Ils sont pilotés par des équipes spécialisées : un pilote FPV , un réalisateur gère le cadrage des plans, et un technicien s’occupe de la transmission et de la coordination.

 

L’objectif est simple : faire ressentir la vitesse, la trajectoire et l’intensité du sport comme jamais auparavant, en plaçant virtuellement le spectateur aux côtés des champions, ou même juste derrière eux.  Et ça fonctionne. J'ai trop aimé cette sensation de vitesse en regardant la descente, on ressent comme jamais ce que peut vivre les descendeurs.

Quels drones? Quel matos?

Pour ces JO, il y a un total de 15 drones. Quels drones pour quelles disciplines? Ca dépend des besoins. On ne va pas aussi vite en descente qu'en boardercrosss.  J'ai vu qu'il y avait des 3 pouces, des 5 pouces, des cinéwhoops. J'ai notamment vu les cinéwhoop pour les disciplines ou la vitesse n'est pas très importante. comme le ski acrobatique. Il arrive sans peine à suivre les 60 km/h de cette discipline. De plus, le cinéwhoop est très safe parce qu'entièrement carréné.

 

J'ai vu également un tout petit 2.5 pouces, parfait pour se glisser dans le tube d'une piste de bobsleigh.Les 5 pouces seront plutot utiisés pour les vitesses rapides comme la descente. Sur un documentaire onpeut voir qu'il y a pas mal de matériel DJI: Goggle 3, air unit, air unit pro. J'ai vu des télécommandes Radiomaster, du crossfire...

Et quels drones? Pas de marque particulière, c'est du sur mesure. Les chassis sont créés par l'équipe pour répondre aux spécificités de l'utilisation à savoir faire de belles images, aller vite, être fiable.

Un des problèmes de ces machines: l'autonomie des batteries. Pour un 5 pouces lancé à fond, comptez 3 minutes. Sur les images que j'ai vu à la TV, les packs batterie sont énormes, donc on a peut être un peu plus d'autonomie.  D'autant plus qu'un froid extrême peut diviser l'autonomie par deux. Il doit y avoir une sacré organisation pour enchainer les Lipo. Un technicien est dédié uniquemement au changement de batterie.

Un nouvel outil de narration

Les Olympic Broadcasting Services (OBS), responsables de la production de la couverture télé des JO, ont intégré ces drones à un vaste écosystème de technologies avancées — comprenant aussi replays 360°, intelligence artificielle, caméras multiples et outils de production immersifs — pour enrichir l’expérience du public mondial.

Ces drones ne remplacent pas les caméras traditionnelles, mais ajoutent une troisième dimension narrative : ils peuvent capter des séquences rapides et mobiles, se faufiler dans des zones où les caméras fixes ou les grues ne peuvent pas aller, et renforcer l’impact visuel de moments clés.  A mon avis on va vite s'habituer à ces images au plus près,et ça va nous manquer si un jour ça disparaissait. Vive le FPV!

 

Y' en a qui ronchonnent

Comme dans toute nouveauté, il y en a toujours qui ralent! Etant un prodrone, je trouve géniale cette utilisation du FPV, parfait pour faire connaitre notre discipline. Il ne faut toutefois pas oublier certains problèmes :

Le bruit. Un moteur de racer à fond, ça fait du bruit. Beaucoup de bruit! On l'entend à la télé et les sportifs l'entendent aussi. On peut pas dire que ce soit un bruit très agréable, je l'admets. Ca tache un peu le côté paisible de la montagne... Est ce que ça gêne les sportifs? J'ai lu plusuieurs avis et en général les retours sont bons. Les sportifs sont contents d'avoir une nouvelle technologie qui leur permet de faire connaitre leur sport. Pour beaucoup, il y a déjà beaucoup de bruit dans leur discipline (bruits aérodynamiques, crissement sur la neige), donc avoir un sifflement de drone ne les affecte pas plus que ça.  Tant que les drones ne rentrent pas dans leur champ de vision, les sportifs sont dans l'ensemble satisfaits.

 

La sécurité. Un accident, un seul et ce serait fini. Au placard les drones. Je ne sais pas si les sportifs le savent mais ils sont suivis par de vrais hachoirs volants. De ce que j'ai vu, les pilotes jouent énormément  la sécurité en ne cherchant pas le sensationnel mais en restant à une distance raisonnable. Les pilotes se brident certainement parce qu'on pourrait être plus près, aller plus vite, faire des images encore plus dingues. Sécurité avant tout et ils ont bien raison. Bien sur on est pas à l'abri d'un fly away (un drone qui part tout seul) ou un moteur qui crame. Mais en restant loin du sportif on limite les risques. Vous vous souvenez surement de cette image avec un énorme drone qui se fracasse juste à côté d'un descendeur. L'avantage des racers, c'est que c'est petit, léger... C'est plus safe même si ça reste dangereux.

La qualité des images?

Bien sur l'image des drones est moins belle que l' image d'une caméra dont l'objectif a la taille d'un ballon. Mais franchement ça le fait! J'ai noté des difficultés de gestion de la lumière quand la luminosité est très importante. La neige a parfois tendance à être un peu violette. Les retours vidéo numériques ont fait d'énormes progrès, et j'ai noté une transmission très stable. Et ça ne fera que s'améliorer

Faites du FPV!

Vous voulez faire de telles images? Faites du FPV! Comme je le disais, le niveau pour suivre un coureur n'est pas délirant (ce qui n'enlève pas tout le professionalisme des pilotes). On peut faire beaucoup, beaucoup de choses avec un racer. Même des trucs qui semblent physiquement impossibles (voir le pilotage d'Aux plumes ici). Notez que le simulateur Trypfpv possède des scénarios qui permettent de suivre un sauteur à ski, un descendeur ou un surfeur. Vous pouvez vous faire la main avant d'essayer pour de vrai! (voir article ici)

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